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Le travail autonome gagne en force


10/11/2015

Le travail autonome, c’est un univers qui séduit autant qu’il intrigue. Certains y songent, tandis que d’autres y plongent! Mais quoi qu’il en soit, beaucoup d’idées reçues flottent quant à ce phénomène en croissance. Qui sont ces gens? Combien sont-ils? Quel est leur niveau de vie? Quelques réponses à ces interrogations nous ont été récemment apportées par Freelancers Union, un regroupement américain de quelque 270 000 travailleuses et travailleurs autonomes. L’organisme publiait en effet récemment la seconde édition de Freelancing in America, une enquête annuelle nous présentant un portait à la fois surprenant et instructif de la situation du travail autonome chez nos voisins du Sud.

Quant à l’ampleur du phénomène, on apprend de ce rapport, entre autres choses, que près de 54 millions d’Américaines et d’Américains travaillent à leur propre compte. Toutefois, le concept même de travailleur autonome mérite d’être précisé car, on le devine, cette réalité est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord. De fait, Freelancers Union identifie cinq catégories de travailleurs autonomes :

  • Travailleurs autonomesLes entrepreneurs indépendants (independent contractors) sont les travailleurs autonomes « classiques » qui n’ont pas d’employeurs et qui voguent de contrats en contrats;
  • Les noctambules (moonlighters) occupent un emploi rémunéré le jour, mais travaillent à leur compte le soir ou la nuit;
  • Les travailleurs diversifiés (diversified workers) combinent à la fois un emploi salarié et diverses petites tâches sporadiques, telles que chauffeur Uber, pour ne nommer que cet exemple bien d’actualité;
  • Les travailleurs temporaires (temporary workers) qui, comme le vocable l’indique, sont embauchés pour une période de temps déterminée;
  • Les travailleurs autonomes/entrepreneurs (freelance business owners) possèdent leur propre entreprise et peuvent, ou non, employer des travailleurs. Ils se perçoivent aussi comme travailleurs autonomes.

Au total, ce contingent de travailleurs autonomes, toutes distinctions confondues, forme donc plus du tiers (34 %) de la population active aux États-Unis. Et qui plus est, au cours de la dernière année seulement, le lot des travailleuses et travailleurs autonomes s’est accru de 700 000 personnes. À titre de comparaison, la proportion des travailleurs autonomes dans la population active est de 13,7 % au Québec et de 15,3 % à la fois pour l’Ontario et le Canada¹.

Le travail autonome est-il un choix ou une obligation pour ces personnes? Toujours selon Freelancers Union, 60 % de ces dernières affirment que le travail autonome est essentiellement un choix, soit une hausse de 7 % par rapport à l’enquête précédente, menée en 2014. Mais peut-être mieux encore, un travailleur autonome sur deux affirme qu’il ne reviendrait pas au travail salarié. De fait, la même étude nous apprend aussi que 60 % des travailleurs autonomes gagnent davantage que lorsqu’ils étaient salariés.

Le travail autonome est appelé à occuper une place de plus en plus importante dans le monde du travail et, comme nous l’avions évoqué dans un article précédent (lire « Le travailleur indépendant, prolétaire des temps modernes? »), certains n’ont pas attendu que la parade soit passée avant de réagir! Nombre de sites Internet sont nés au cours des derniers mois, qui offrent une multitude de services pouvant venir appuyer et soutenir les travailleurs autonomes dans cette démarche professionnelle audacieuse, mais ô combien valorisante pour une majorité d’entre eux. Voilà, en somme, des informations et des données encourageantes pour celles et ceux qui souhaitent voler de leurs propres ailes!

¹ Source: CIRANO, Le Québec économique, http://qe.cirano.qc.ca/theme/marche_du_travail/main_doeuvre



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