Entreprendre

La France, une nation entrepreneuriale?


Comment nos amis français entrevoient-ils le fait de se lancer en affaires?

25/07/2016

France-CanadaLes nouvelles économiques ne sont pas des plus roses pour la France par les temps qui courent. Le pays peine en effet à relancer son économie qui tourne au ralenti depuis quelques années et le taux de chômage, l’un des symptômes les plus criants témoignant de la situation économique, demeure somme toute assez élevé. D’aucuns se demandent d’où viendra la lumière qui poindra au travers de la grisaille.

À cet égard, la vitalité de l’entrepreneuriat, sans être un indicateur absolu et définitif sur la question, peut à tout le moins révéler quelques indices sur le niveau de confiance et d’optimisme que peuvent entretenir les gens face à l’avenir. Encore faut-il avoir les bons outils afin de prendre la juste mesure du phénomène de l’entrepreneuriat. C’est maintenant chose faite en France, avec la publication toute récente du premier Indice entrepreneurial français, parrainé entre autres par l’Agence France Entrepreneur et le Pôle Emploi, l’organisme administratif en charge de l’emploi en France.

Afin d’obtenir le portrait le plus juste possible de l’état entrepreneurial de l’Hexagone, Dominique Restino, vice-président de l’Agence France Entrepreneur, s’est tourné vers le Québec (voir la vidéo en tête d’article), et plus précisément vers la Fondation de l’entrepreneurship, qui possède depuis 2009 un tel outil.

Une France qui soutient la comparaison

Pour ce premier bilan de santé de l’entrepreneuriat français, on doit reconnaître que l’Hexagone performe relativement bien, si on le compare notamment au Québec. L’Indice entrepreneurial distingue, dans un premier temps, quatre types de personnes comme autant de maillons de la chaîne entrepreneuriale : ceux qui ont Donnéesl’intention de démarrer un projet, ceux qui ont fait des démarches pour démarrer ou reprendre une entreprise, ceux qui sont en activité entrepreneuriale et, pour terminer, ceux qui ont cessé toute activité entrepreneuriale en fermant ou en cédant la PME. Comme le montre le tableau ci-contre, la France et le Québec sont, à ce chapitre, dans les mêmes eaux. Néanmoins, à la fois la France et le Québec tirent de l’arrière par rapport au reste du Canada à l’égard de ces activités de la chaîne entrepreneuriale. Doit-on voir dans ce constat la confirmation de l’hypothèse weberienne de la présence et de la persistance de l’éthique protestante¹ chez nos compatriotes des autres provinces canadiennes? L’engagement plus marqué de l’État dans l’économie en France et au Québec serait-il un frein au développement entrepreneurial? Quoique pertinentes, ces interrogations demeurent difficiles à répondre de manière catégorique…

À vos marques, prêts, entreprenez!

L’entrepreneuriat apparaît pour bon nombre de Français comme un choix de carrière intéressant. Ils sont en effet 46 % à juger qu’avoir sa propre entreprise ou travailler à son compte les satisferait davantage que le salariat. Ce pourcentage passe à 56 % pour ceux engagés dans la chaîne entrepreneuriale évoquée ci-haut (ils sont 72 % au Québec). Bref, une fois qu’on a goûté à l’entrepreneuriat, il devient difficile de s’en passer!

Mais afin d’améliorer ce taux, il faudra travailler à lever certains freins qui rebutent les Français à tenter l’aventure. L’Indice entrepreneurial français révèle en effet que pour ceux qui ne sont pas encore dans la chaîne entrepreneuriale, la peur de l’échec constitue le plus gros obstacle au projet d’entreprise. Et pour ceux qui ont l’intention de démarrer leur entreprise ou qui ont effectué des démarches en ce sens, la complexité des démarches administratives est la principale embûche mentionnée, qui empêche d’aller de l’avant. À ce titre, rappelons que la France se situe au 31e rang du classement Doing Business 2015 publié par le Groupe de la Banque mondiale, qui mesure la facilité à faire des affaires dans un pays donné, et entre autres le nombre et le poids des démarches à entreprendre afin d’enclencher une activité commerciale. Elle est devancée dans ce classement par de surprenants pays, tels la Géorgie (15e rang), l’Estonie (17), la Lettonie (23), la Lituanie (24) et la Macédoine (30). Le Canada, quant à lui, occupe le 16e rang de ce classement.

Le diagnostic est posé. Avec l’Indice entrepreneurial français, les instances politiques et les principaux acteurs économiques savent sur quoi travailler afin de faire progresser l’entrepreneuriat dans la République.

¹ Lire le classique de Max Weber (1864-1920), L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. (accessible intégralement par ce lien



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