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Femmes entrepreneures

Femmes entrepreneures, réussite et accompagnement


Beaucoup d'ambition, une bonne dose de dynamisme et un petit coup de pouce : voilà ce qu'il faut pour réussir!

25/05/2016

Lord-BouchentoufLes femmes prennent d’assaut le monde des affaires et amènent avec elles des idées d’entreprises aussi surprenantes qu’inspirantes. Pour mener leur projet à bien, plusieurs réussissent à obtenir l’aide d’un incubateur. Quels sont les facteurs clés d’un accompagnement réussi?

« Je pense qu’il faut d’abord faire un projet qui est en lien avec nos valeurs », dit Marie-Claude Bouchard, cofondatrice, avec son amie Martine Therrien, de 2e SHIFT.

2e SHIFT est une entreprise qui développe un système collaboratif pour mettre en contact un parent débordé avec un parent qui a du temps. Le second aide le premier en réalisant des tâches, comme faire des courses, et reçoit en échange une rémunération. La plateforme 2e Shift est actuellement en projet pilote à Sainte-Julie, une municipalité de la banlieue montréalaise, et sera très bientôt offerte dans plusieurs autres régions du Québec.

Cette idée, les deux femmes d’affaires l’ont eue en réfléchissant à leurs propres besoins : Marie-Claude avait du temps, Martine était débordée. « On s’est dit que si on était voisines, on pourrait s’aider », dit Marie-Claude.

Marie-Claude Bouchard et Martine Therrien
Marie-Claude Bouchard et Martine Therrien

Une fois la bonne idée trouvée, l’accompagnement d’un incubateur peut contribuer à la faire germer adéquatement. Pour y arriver, l’entrepreneure doit alors y mettre du sien, explique Colette Vanasse, directrice du développement des affaires au Pôle entrepreneuriat à HEC Montréal. « Il faut être très discipliné », dit-elle.

Marie-Claude Bouchard le confirme : « Les ressources sont là pour nous aider, mais nous devons travailler fort. Actuellement, on aimerait bien utiliser nos propres services! », dit la cofondatrice de 2e SHIFT, qui participe à l’incubateur entrePrism de HEC Montréal.

Pour tirer le maximum de cet accompagnement, il faut non seulement mettre l’épaule à la roue, mais aussi éviter de s’isoler. Marie-Claude et Martine disent donc rencontrer bien des gens, professeurs comme entrepreneurs, et avoir accès à de nombreux ateliers pour parfaire leurs compétences. « Être en contact avec des gens du milieu, ça fait évoluer tes idées, dit Martine. Tu vois des modèles d’affaires différents et ça influence la suite de ton projet. »

Les deux entrepreneures ont également saisi l’occasion d’engager des stagiaires de HEC Montréal, occasion que seul un incubateur universitaire pourrait offrir. Les deux entrepreneures travaillent aujourd’hui notamment avec une comptable qui termine sa 2e shiftmaîtrise. Elle les aidera encore durant quelques mois à structurer leurs prévisions et leurs états financiers. « Pour nous, c’est un cadeau béni », dit Marie-Claude.

Sans accompagnement, les deux femmes d’affaires auraient accompli elles-mêmes les tâches comme la comptabilité et les prévisions, raconte la cofondatrice de 2e SHIFT. « Les entrepreneurs ont l’habitude de tout faire », dit-elle. Mais c’est alors facile de faire des erreurs ou de tomber dans des pièges. « On sauve maintenant six mois d’essai-erreur », explique Marie-Claude.

Délicieux succès

Khadija el Bouhali est la fondatrice de CousMos, une entreprise de transformation alimentaire spécialisée dans la production de couscous prêt à manger pour le secteur du commerce de détail. Elle participe à entrePrism depuis janvier. Et le mois dernier, elle a participé à l’émission Dans l’œil du dragon, diffusée sur les ondes de ICI Radio-Canada. Tant son projet que son parcours ont été applaudis.

Khadija, lors de son passage à Dans l'oeil du dragon (photo : Yann Macdonald)
Khadija el Bouhali, lors de son passage à Dans l’oeil du dragon
(photo : Yanick MacDonald)

Serge Beauchemin, l’un des dragons, a dit d’elle qu’elle était « très bien préparée ». Mitch Garber, pour sa part, a déclaré qu’elle avait tout pour réussir : « Je peux dire catégoriquement que depuis que je suis dragon, je n’en ai pas rencontré d’entrepreneure comme vous. Vous êtes la définition d’entrepreneuriat. »

La capacité de Khadija à se remettre en question à chaque étape de son projet, à chaque fois qu’elle reçoit un conseil, lui permet de bien profiter de son accompagnement. « Ça clarifie les idées, c’est comme si les nuages disparaissaient petit à petit », dit Khadija.

Son projet, au départ, était assez vaste et diffus, explique Manaf Bouchentouf, directeur de l’accompagnement au Pôle entrepreneuriat à HEC. « Elle avait le défi de prioriser et de canaliser ses efforts », dit-il.

Son écoute, un facteur important pour faire d’un accompagnement un succès, lui a donc permis de saisir le problème : son modèle d’affaires contenait en réalité trois modèles d’affaires.

terroirKhadija a donc choisi le modèle d’affaires qui touchait au commerce de détail parce qu’il s’agissait de celui qui demandait le moins d’investissements, qui était le plus avancé et qui correspondait le plus à ce qu’elle désirait faire pour commencer.

Depuis qu’elle a participé à l’émission Dans l’œil du dragon, elle a reçu une vingtaine d’appels ou de courriels de femmes immigrantes maghrébines qui désirent se lancer en affaires. Elles veulent quelqu’un pour les conseiller, les appuyer.

« Je crois que je suis encore très petite pour donner des conseils, dit-elle. Mais je peux les mettre en garde contre les erreurs que j’ai faites. »

Comme quoi l’accompagnement est en demande, mais surtout, produit des résultats.



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