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Garçons et filles : à quand le retour du balancier?


Les filles, traînant de la patte hier, dépassent aujourd'hui les garçons à l'école...

03/02/2016

La question est posée par The Economist, et se pose brutalement à nous : les garçons seraient-ils en voie de devenir le « sexe faible » (lire l’article « The weaker sex », sur le site Internet de l’hebdo britannique)? Et la réponse à apporter à cette interrogation a son importance aujourd’hui et demain…

Garçons et fillesL’article en question se base sur le rapport L’égalité des sexes dans l’éducation. Aptitudes, comportement et confiance, publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), rapport qui met en lumière le retard de plus en plus prononcé des garçons par rapport aux filles quant à l’éducation et à la scolarité (voir la vidéo en tête d’article). De fait, si, au cours des décennies et des siècles passés, les membres de la gent féminine étaient largement sous-scolarisées, le pendule s’est rapidement, à partir du milieu du siècle dernier, rétabli vers une position certes plus équilibrée. Mais ce même pendule n’a toutefois pas arrêté sa course…

Aujourd’hui, en ce début de troisième millénaire, ce sont les jeunes filles qui ont le pavé haut en matière de scolarisation : « Les jeunes hommes sont ainsi significativement plus susceptibles que les jeunes femmes d’avoir un faible niveau de compétences et de mauvais résultats scolaires, tout en étant plus susceptibles de quitter l’école précocement, souvent sans diplôme en poche », nous dit l’OCDE. Ces dernières y mettent également plus d’efforts. En effet, les filles consacrent, en moyenne dans les pays de l’OCDE, cinq heures et demie par semaine à leurs devoirs, alors que les garçons ne s’y attellent que moins de quatre heures et demie hebdomadairement. Sans grande surprise, la même étude nous apprend que les jeunes garçons s’adonnent davantage que les filles aux jeux vidéos, et beaucoup moins à la lecture que celles-ci.

ExergueCet écart constaté entre garçons et filles se répercute également au niveau universitaire. Déjà, il y a deux ans, La Presse signalait la chose, par l’entremise de la journaliste Fanny Olivier (lire son article « Scolarité : les femmes dépassent les hommes ») : « La différence est particulièrement prononcée chez les jeunes de 25 à 34 ans. Pas moins de 59,1 pour cent des femmes de ce groupe d’âge ont atteint le baccalauréat, contre 40,9 pour cent des hommes. Chez les diplômés de médecine, la proportion est encore plus frappante, avec 62,2 pour cent de jeunes femmes contre 37,8 pour cent de jeunes hommes. » Qu’il suffise d’arpenter les corridors de HEC Montréal pour se convaincre que les femmes sont désormais majoritaires dans bien des facultés universitaires, dont bon nombre d’écoles de commerce.

Le constat étant tiré, que peut-on en conclure pour la suite des choses? Évidemment, le pas en avant des femmes au chapitre de l’éducation ne se traduit pas nécessairement par une meilleure situation globale. La parité salariale n’est toujours pas acquise dans tous les secteurs, et les femmes demeurent toujours sous-représentées dans les hautes sphères des entreprises et des organisations. Mais au-delà de ces faits, l’OCDE nous met en garde contre le danger de la marginalisation d’un groupe dans notre quête du bien-être collectif : « […] lorsque certaines parties de la population ne réalisent pas tout leur potentiel, la croissance économique s’en trouve entravée. » Les femmes hier, les hommes aujourd’hui… Souhaitons que le balancier retrouve une position plus centrale, position qui saura garantir prospérité et bonheur pour tous. Qu’en pensez-vous?

 



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