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Dans la jungle de nos bureaux


La proximité des végétaux qui peuplent nos aires de travail peut-elle aider à mieux performer?

03/10/2016

La chose semble si évidente, le lien si fort, qu’il paraît inutile de se questionner à ce propos. Si, d’instinct, nous concevons aisément que la présence de végétaux dans le lieu de travail ne peut qu’être positive, la perception rejoint-elle la réalité à ce chapitre?

Le véritable test

De prime abord, on doit signaler que la relation entre la présence de plantes vertes et certains éléments reliés à la productivité des employés (absentéisme, climat de travail, stress, etc.) a déjà fait l’objet de nombreuses études par le passé. Toutefois, comme le font valoir Tina Bringslimark, Terry Hartig et  Grete Grindal Patil¹, la très grande majorité plantede ces dernières ont été réalisées dans des environnements contrôlés, tels un laboratoire par exemple. On peut donc s’interroger à juste titre sur la représentativité de ces études qui, au demeurant, tendaient à peu près toutes à confirmer un apport mince, mais positif, des plantes vertes à la performance des employés. Mais qu’en est-il dans la réalité des quatre murs de nos bureaux?

Les chercheurs ci-haut nommés ont voulu creuser la question du lien entre la proximité de plantes vertes et l’effet de ces dernières sur trois éléments inhérents à la performance générale du groupe d’employés sondé à ce sujet, à savoir la perception du stress, le nombre de congés de maladie et la productivité. Mère Nature sera-t-elle la prochaine réponse à l’amélioration de la productivité de nos entreprises et de nos organisations?

Un budget « plantes » à revoir à la hausse?

Que nos contrôleurs budgétaires se rassurent, il ne vaut pas la peine de doubler le budget à cet égard! De fait, les chercheurs Bringslimark, Hartig et Grindal Patil, à l’instar de ce que les études antérieures avaient conclu à cet égard, détectent une faible corrélation entre la proximité des végétaux et la perception du stress, le
nombre de congés de maladie et la productivité.
En bref, la présence de végétaux dans les aires de travail réduit, mais faiblement, les deux premiers éléments mesurés et améliore, encore ici faiblement, le dernier.

Surpris? Déçu? On le serait presque! De manière générale, compte tenu de l’effet généralement lénifiant de la nature sur l’humeur et l’attitude d’une vaste majorité de plantepersonnes, on s’attendrait à ce que la présence d’un peu de vert dans nos aires de travail ait le même effet dans la sphère professionnelle. Et pourtant… D’autres études menées en ce sens, au début du siècle nouveau, ont également corroboré ce constat. Ainsi, les universitaires Seiji Shibata et Naoto Suzuki ont mené coup sur coup une série d’études² portant sur l’influence des plantes vertes sur des éléments tels que l’humeur, la fatigue, la performance à l’égard d’une tâche et la créativité. Encore ici, l’apport des végétaux est globalement positif, mais pas au point de transformer demain matin nos bureaux en serres. Chose curieuse toutefois, les sujets féminins sont davantage sensibles à la présence de plantes vertes et leur productivité s’en trouverait accrue.

Au final, on en conclura que si quelques plantes vertes dans les aires de travail ne peuvent certainement pas nuire au rendement global d’une organisation, ces dernières ne sont que l’une des nombreuses variables qui font d’un milieu de travail un endroit agréable et productif!

¹ Bringslimark, T., Hartig, T., & Patil, G. G. (2007). « Psychological benefits of indoor plants in workplaces: Putting experimental results into context ». HortScience, 42(3), 581-587.

² Shibata, S., & Suzuki, N. (2001). « Effects of indoor foliage plants on subjects’ recovery from mental fatigue ». North American Journal of Psychology, 3(3), 385.

Shibata, S., & Suzuki, N. (2002). « Effects of the foliage plant on task performance and mood ». Journal of environmental psychology, 22(3), 265-272.

Shibata, S., & Suzuki, N. (2004). « Effects of an indoor plant on creative task performance and mood ». Scandinavian journal of psychology, 45(5), 373-381.



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