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Chaîne logistique verte et éthique : un pari gagnant?


Entre les coûts de la RSE et les coûts d'une gestion de crise, lesquels choisissez-vous?

01/03/2017

La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) apparaît désormais comme un incontournable en ce début de troisième millénaire. Toutefois, si elle est de plus en plus demandée et exigée par les consommateurs, est-elle pour autant pleinement adoptée par les dirigeants d’entreprise et, in fine, la chose est-elle profitable? À cet égard, le respect des engagements d’une entreprise à l’égard de la RSE pourra se manifester à bien des niveaux de l’organisation. Mais c’est sans conteste au sein de la chaîne logistique qu’une entreprise est sans doute la plus à même de concilier la parole et les actes.

Une chaîne scrutée à la loupe

Le choix judicieux d’un fournisseur est, dans cette optique, l’un des nombreux maillons de la chaîne logistique à ne certes pas prendre à la légère. De fait, sdg-8896_bandeau_revuegestion_666x390_esq2nombreuses sont les grandes entreprises d’envergure planétaire, telles IKEA ou Nike, qui ont, de par le passé, négligé la chose, et qui ont hérité d’un scandale, lui aussi d’envergure planétaire, à gérer.

Fort heureusement, le discours de la RSE semble progressivement faire son chemin au sein des entreprises, et elles sont aujourd’hui nombreuses à porter un intérêt marqué quant à la sélection de ses fournisseurs. Mais la chose ne va pas sans une certaine complexité, comme le mentionnent la professeure Ladonna M. Thornton et ses complices dans leur article à ce sujet¹. Car se doter d’un chapelet de fournisseurs conformes à ses valeurs en matière de RSE, c’est entre autres exiger de ces derniers de prôner et d’agir concrètement à l’égard du respect de l’environnement, de l’éthique au sein de l’organisation, de la représentation de la diversité culturelle, du respect des droits fondamentaux et de la sécurité des employés, tout comme des retombées de leurs activités sur leurs communautés respectives. Tout cela, on le devine bien, requiert temps et argent, deux ressources dont les entreprises ne disposent généralement pas à profusion.

L’investissement en vaut-il la chandelle?

C’est essentiellement ce qu’ont voulu savoir la professeure Thornton et ses collègues, dans le cas d’entreprises chinoises, émiraties et américaines. En sous-pesant ainsi l’adhésion d’une entreprise aux principes de la RSE lors du choix d’un fournisseur à la performance de cette dernière au chapitre des revenus, de la Motion blur of a man moving boxes in a warehousecroissance de ces mêmes revenus et de la part de marché, les universitaires ont identifié une corrélation positive entre ces éléments. En somme, que ce soit en Chine, aux États-Unis ou aux Émirats arabes unis, les entreprises qui déploient des efforts supplémentaires pour s’assurer de la présence de fournisseurs éthiques dans leur chaîne logistique y gagnent au change. Toutefois, ajoutent les chercheurs, cette corrélation est plus forte dans le cas américain qu’elle ne l’est pour le cas chinois ou émirati, une particularité que l’on peut partiellement expliquer, aux dires des auteurs de l’étude, par un facteur essentiellement historique, la question de la RSE étant une préoccupation plus ancienne chez nos voisins américains. Bref, ce n’est qu’une question de temps pour les économies de la Chine et des Émirats arabes unis.

Décision stratégique, s’il en est une, faire le choix d’un fournisseur respectant les principes de la RSE comporte indéniablement des coûts. Reste à voir si entre deux coûts, celui de la conformité à la RSE ou celui de la gestion d’une crise de réputation et de ses impacts financiers, les entreprises sauront choisir le moindre!

¹ Thornton, L. M., Autry, C. W., Gligor, D. M., & Brik, A. B. (2013). Does Socially Responsible Supplier Selection Pay Off for Customer Firms? A Cross‐Cultural Comparison. Journal of Supply Chain Management, 49(3), 66-89.



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