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S'équiper pour la gestion

S’équiper pour la gestion


Le gestionnaire ayant développé des compétences transversales sera mieux outillé face aux défis

10/08/2017

Un gestionnaire doit posséder plusieurs compétences transversales permettant d’affronter les enjeux de départements aussi divers que les ressources humaines, les opérations ou les ventes. Les employeurs et les candidats aux postes de gestionnaires en tiennent-ils compte?

S'équiper pour la gestion
Frédérick Blanchette, CRHA | Associé à la firme de consultants en ressources humaines Solertia

« Lorsque nous avons embauché un responsable du développement des affaires, nous n’avons pas choisi un vendeur, mais un développeur économique, explique Frédérick Blanchette, CRHA, associé à la firme de consultants en ressources humaines Solertia. Nous ne voulions pas quelqu’un qui rencontre les clients simplement pour leur offrir des services, mais quelqu’un capable d’avoir un regard plus large afin de bien comprendre les enjeux de leur entreprise ».

Ce type de réflexe est assez peu répandu dans les PME québécoises, poursuit le consultant. « Les employeurs se limitent souvent à des spécialistes de leur domaine lorsqu’ils cherchent des gestionnaires, déplore-t-il. Une firme de génie, par exemple, nommera un ingénieur au poste de directeur général. Mais, s’il n’a pas les compétences transversales requises, les dossiers sortant de sa spécialité, comme les ressources humaines, deviendront vite des patates chaudes. »

Dans la grande entreprise, les exigences sont plus élevées. Les candidats doivent souvent avoir plusieurs cordes à leurs arcs, par exemple une formation spécialisée (comme le génie), un MBA et de l’expérience en gestion.


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Personne ne connaît tout

Jessica Joyal | Chasseur de têtes

La chasseur de tête Jessica Joyal constate aussi cette propension à croire qu’un candidat très fort dans son domaine de prédilection fera un bon gestionnaire. Cette erreur produit trop souvent des gestionnaires mal équipés pour remplir leurs mandats. « Parmi les principales lacunes, je note un manque de connaissance dans la gestion du personnel, notamment lors de conflits ou lorsque vient le temps de mobiliser les employés, les évaluer, améliorer leur performance ou gérer les changements », dit-elle.

Une autre lacune très présente, c’est le manque de compréhension fine des enjeux financiers, des budgets, de la justification des dépenses et de la rentabilité. « Des incontournables pour tout bon gestionnaire », rappelle Jessica Joyal.

Si les grandes entreprises sont nombreuses à offrir des formations aux employés identifiés comme de futurs gestionnaires, les employés de PME ont intérêt à y voir eux-mêmes. Or, il y a une pléthore de formations au Québec, notamment universitaires, visant à offrir les compétences transversales nécessaires pour devenir un bon gestionnaire. Leur rythme est adapté pour des gens dont l’agenda est déjà chargé. Certaines offrent des cours une à deux journées par semaine, d’autres misent davantage sur du travail à la maison avec des rencontres mensuelles. On peut parfaire ses connaissances en gestion de budget, compréhension d’états financiers, gestion des ressources humaines, etc.

De son côté, Frédérick Blanchette ajoute que des engagements en-dehors du travail peuvent aussi être formateurs. Présider une fondation, gérer une collecte de fonds, s’engager dans la chambre de commerce ou un club de sports ou siéger sur un conseil d’administration sont autant d’occasions d’acquérir des compétences transversales. « L’erreur, c’est de croire qu’exceller dans son domaine de spécialité suffira à faire de soi un bon candidat gestionnaire, prévient le consultant. Il y a d’autres connaissances et compétences à aller chercher. »



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