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Gérer son patron en montagnes russes


Le suivre dans ses hauts et ses bas relève de l'exploit! Voici comment ne pas attraper le vertige!

07/11/2016

Vous avez sans doute peut-être un jour été confronté à ce type de patron… Un jour de bonne humeur, pimpant, volubile, amical. Puis deux jours d’humeur massacrante, renfrogné, ténébreux. Puis, retour à la normale, comme si de rien n’était. Et ainsi défilent les semaines, les mois et les années, sans que quiconque puisse réellement savoir de manière certaine et absolue à qui l’on a réhumeurellement affaire! Ça évoque quelque chose?

Ce type de patron, dont l’humeur et le comportement peuvent s’apparenter à une ballade en montagnes russes, est à gérer, pas de doutes là-dessus! Car les conséquences d’une telle attitude, volontaire ou non, sur l’organisation peuvent s’avérer nocives en tous points. D’un point de vue collectif, les comportements cyclothymiques manifestés par un tel supérieur minent la capacité des employés à prédire les paroles et les gestes de ce dernier et ne font qu’accroître le degré d’anxiété des troupes. Rien de positif à cela, à l’égard de la mobilisation et de la performance des employés… Et d’un point de vue personnel, les employés peuvent en venir à s’interroger sur eux-mêmes et à remettre en question leurs propres manières d’être ou de faire, voire même leur compétence, dans la réalisation quotidienne des tâches qui leur sont dévolues. Encore ici, très contre-productif…

Le patron en montagnes russes : guide de survie!

La première chose à faire, signale Carolyn O’Hara dans son article « How to Deal with a Boss Who Behaves Unpredictably », publié sur le site Internet de la Harvard Business Review, consiste à se protéger soi-même contre ces sautes d’humeur! Comment? En replaçant ces comportements déroutants dans un contexte plus large! Comme le mentionne l’auteure, cette attitude est probablement à lier à une problématique plus large, dont vous n’êtes en rien responsable. À cet égard, une bonne dose d’intelligence émotionnelle et d’écoute active ne vous nuiront certainement pas, vous aideront à mieux saisir les tenants et aboutissants de la situation et humeurà vous dédouaner de toute responsabilité ou de toute culpabilité.

La seconde stratégie à employer avec son patron en montagnes russes consiste à détecter les moments où se manifestent les symptômes les plus probants des sautes d’humeur. Quand surviennent-elle? Quels en sont les éléments déclencheurs? Bref, êtes-vous en mesure d’établir des récurrences (patterns) dans le comportement de votre supérieur? Si oui, soyez stratégique et interagissez avec lui lorsque la mer est calme et l’horizon dégagé! Et aux premiers signes de la tempête, dégagez du pont et réfugiez-vous à la cale, le temps que le mauvais temps passe!

Une stratégie efficace peut être de répondre aux humeurs de votre supérieur par l’emploi de judicieuses manifestations de gratitude à son égard. Bien dosées et saupoudrées avec parcimonie dans le temps, ces marques d’appréciation (ce peut être un courriel de remerciement pour son aide lors d’une tâche antérieure, par exemple) pourront contribuer à atténuer sa propre anxiété, à réduire sa perception d’un environnement immédiat menaçant et à le « raccrocher » au collectif et au fait que ses employés sont là pour l’épauler.

Le silence qui tue…

En telle situation, le silence constitue, rappelle Carolyn O’Hara, la pire des stratégies à adopter. On peut facilement imaginer qu’un tel comportement de la part d’un patron n’est pas souhaité et que, dans une certaine mesure, ce dernier souffre probablement tout autant de sa propre attitude. Dès lors, la responsabilité des employés revient à signaler la chose, formellement ou informellement  à son supérieur ou aux ressources humaines, de manière à ce que ces acteurs puissent à leur tour déployer des moyens (coaching, aide personnalisée, etc.) qui l’aideront à réduire l’amplitude de son biorythme.



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