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Femmes gestionnaires, leaders visionnaires


Un moment de réflexion sur l'art de gérer au féminin

17/05/2017

Les défis qui se dressent devant les gestionnaires en ce début de troisième millénaire sont d’importance, et notamment au chapitre des questions en lien avec la gestion des ressources humaines. La pénurie de main-d’œuvre appréhendée (sinon réelle!), la gestion des différences générationnelles et la gestion de l’incessant changement sont trois exemples de ces défis d’ampleur. Comment les relever adéquatement et faire en sorte que nos entreprises et nos organisations puissent fonctionner et prospérer à la hauteur des attentes? Quel type de leadership doit-on déployer afin de parvenir à cet objectif?

panelDans le cadre des Événements Les Affaires, notre collègue Cyrille Sardais, professeur agrégé au Département de management de HEC Montréal et titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau, animait hier un panel intitulé « Gestionnaire assumée, leader assurée? Pourquoi vous devez désormais exceller dans ces deux rôles ». Cette rencontre aura permis de prendre la mesure des défis ci-haut évoqués et des manières de les aborder, le tout dans une perspective toute féminine. Geneviève Comtois, directrice (stratégie internationale des prix de détail) chez Shell International, Guylaine Bergeron, directrice générale (communication, marketing et marques) à la Société Radio-Canada et Francine Laurin, vice-présidente associée (placements directs) chez TD Placements Directs, toutes trois issues du programme d’EMBA McGill-HEC Montréal, étaient en effet invitées à livrer leur pensée sur cette question cruciale du leadership.

Une réalité qui a changé…

Le leadership et la manière de mener ses troupes se sont profondément transformées depuis le début du siècle nouveau.  « Lorsque je suis arrivée à mon poste, on m’a dit : « Tu vas avoir à opérer, diriger et rendre des rapports aux leaders de ton secteur ». Mais la réalité, c’est que la majorité de mon temps est consacré au développement de mes gens. […] J’ai une équipe qui a besoin d’être inspirée, amenée à se développer, amenée à livrer » a résumé Geneviève Comtois. À cela, il faut ajouter, signale Guylaine Bergeron, l’impérieuse nécessité de favoriser la collaboration dans un univers organisationnel qui demeure souvent encore très vertical : « Je pense que mon principal défi pour les prochaines années, c’est de décloisonner, d’amener mon équipe à travailler en transversalité et en collaboration. Parce que ce sont les gens qui nous le demandent, ce sont les jeunes qui nous le demandent. Les jeunes veulent faire partie Happy leaderde la discussion. Ils veulent se sentir engagés. Et pour ça, il faut que tu leur donnes de la place et de la visibilité. » Exit le gestionnaire « classique », voici le coach qui se révèle de plus en plus, aujourd’hui, comme le modèle managérial gagnant.

…mais des obligations qui demeurent toujours!

Si l’ouverture, la collaboration et l’aplanissement de la hiérarchie sont les nouveaux leitmotivs du leadership contemporain, il n’en demeure pas moins que les attentes demeurent les mêmes, quant elles ne sont tout simplement pas plus élevées, en cette ère de concurrence accrue. « Au-delà des objectifs de l’entreprise, il faut que tu donnes une trajectoire à ton équipe, toujours dans cet esprit participatif. […] Oui aux objectifs d’entreprise, mais il faut aussi avoir du leadership et il faut que tu pousses un peu, parce que les choses ne se feront pas toutes seules. Ça prend du leadership pour amener tes gens plus loin! » Mais il n’en demeure pas moins que la chose ne coule pas de soi, la faute en revenant aux anciennes manières de penser et d’agir : « Selon moi, on a encore beaucoup de chemin à faire pour pouvoir laisser de l’espace à ce type de leadership », constate en ce sens Francine Laurin.

Nos panélistes constatent également la difficulté de gérer cette ressource rare qu’est le temps, en cette ère où tout roule à un rythme accéléré. Et la chose n’est pas sans conséquence, notamment à l’égard de l’accompagnement des équipes en place. Il s’agit là d’une épreuve à surmonter, et ce de manière quotidienne, ajoute Francine Laurin : « Le coaching, développer ses équipes, ça prend du temps! C’est un défi constant! »

Complexité… et plaisir!

Sans prétendre d’avoir vidé la question du leadership en 2017, la perspective apportée par les panélistes aura tout de même permis de bien camper les variables larges du rôle de gestionnaire de demain. Un rôle qui est certes exigeant, mouvant, voire même parfois désarçonnant, mais qui se révèle au final beaucoup plus stimulant et porteur en termes de développement des employés et, ne nous le cachons pas, pour les gestionnaires également. « Oui, c’est plus complexe, du fait des personnes qui nous entourent et qui sont issues de différentes générations. Mais c’est tellement plus stimulant! », a conclu avec entrain Francine Laurin. Besoin d’en dire davantage?



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